De la crise sanitaire à l’urgence sociale

COVID-19 : d’une urgence à l’autre…

On connaissait l’épidémie de Covid-19 comme crise sanitaire majeure. Ces dernières semaines lui ont conféré une incidence sociale très inquiétante, développant de nouvelles formes de précarité qui se sont ajoutées à celles qui existaient déjà. Le confinement et ses contraintes, sociales, commerciales mais aussi économiques, sont venues nourrir un drame social qui pourrait bien atteindre une ampleur encore inégalée en France. Une situation qui a poussé de nombreux élus locaux, mais aussi et surtout les professionnels de l’urgence sociale (notamment du secteur associatif solidaire) à tirer la sonnette d’alarme.

Les membres du conseil départemental de Seine St Denis ont été particulièrement efficaces en mettant en place un plan d’urgence solidaire et écologique de 55 millions d’euros. Objectif  : aider ses habitants et soutenir les secteurs porteurs de dynamiques fortes. “Avec la crise sanitaire, le département a payé un lourd tribut sur le plan humain, marqué par une augmentation de la mortalité. Nombre de foyers se sont retrouvés en grande difficulté et dans la précarité économique. Nous voulions être en situation d’apporter une première réponse d’ici la fin 2020”, explique Stéphane Troussel, président (PS) du conseil départemental. La facture laissée par le coronavirus n’est pas seulement économique… désormais, elle est aussi et surtout sociale !

Un million de chômeurs supplémentaires en un mois !

« La population du département était déjà parmi les plus pauvres de France. Notre territoire rencontrant des problématiques en matière de santé, d’éducation, de justice et de police. Avec la crise du coronavirus, beaucoup d’habitants vont connaître le chômage et bientôt le RSA », se désole Stéphane Troussel. L’élu est d’autant plus inquiet que les finances de son département sont dans le rouge et qu’il faudra, en cas de progression de 10 % du RSA, ajouter 25 millions d’euros supplémentaires aux dépenses du Conseil départemental. Ce constat et l’inquiétude qu’il génère ne sont pas l’apanage de la Seine-Saint-Denis. Sur l’ensemble du territoire national, la crise sociale couve. Les bénévoles et les salariés du mouvement associatif solidaire en témoignent. En temps de crise sanitaire, les actions de solidarité sont assurément prioritaires, et participent à la vie sociale, économique, culturelle et citoyenne du territoire. Soutenir cette solidarité, c’est donc avant tout préserver et défendre l’activité de ce tissu associatif qui doit lui aussi, faire face à des menaces sur ses emplois. De manière générale, en l’espace d’un mois (fin mars-fin avril 2020), le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi a augmenté de près d’un million portant à 4,5 millions le nombre de demandeurs et demandeuses d’emplois de catégorie A (plus de 6 millions en prenant en compte les catégories A, B et C). La crise a très fortement ralenti pour ne pas dire paralysé l’économie mondiale.Comme dans toute crise, les premières victimes sont les plus fragiles. En l’occurrence, ici, les femmes en fin de droits cumulant des emplois précaires, les jeunes de moins de 26 ans dont la hausse du taux de chômage dépasse les 30 %, les primo-demandeurs d’emploi et les titulaires de contrats précaires (intermittents, apprenti-es ou saisonniers) déjà en activités réduites ou de CDD signés avant le confinement et ayant bénéficié des mesures de chômage partiel. La liste pourrait bien encore s’allonger pour compter les salariés des PME et sociétés dont les faillites ne pourront être évitées, mais aussi des collaborateurs de grands groupes (Renault, Airbus, Total) qui ont d’ores et déjà annoncé des suppressions de postes – et ce, malgré les aides publiques.

L’augmentation de la précarité, conséquence du Covid-19

L’économie n’est pas le seul secteur à souffrir de la crise sanitaire. Autre victime collatérale : l’éducation. Le confinement avait déjà éloigné une partie des élèves/étudiants de l’école. Le déconfinement « à la carte » a, quant à lui, fini par creuser la fracture éducative, certains élèves retrouvant leur établissement et pas d’autres. L’absentéisme d’une partie du corps enseignant en fin d’année scolaire tout comme les fortes différences d’accès aux solutions numériques pour l’enseignement à distance dans les familles, ont favorisé les ruptures scolaires. Malgré les efforts des équipes socio-éducatives, il convient, plus que jamais, de distinguer réouverture des écoles et reprise de la scolarité. Pour de nombreux élèves, la rupture de scolarité aura été effective. En septembre prochain, parents, enfants, personnels enseignants, agents administratifs mais aussi associations de parents d’élèves, organisations syndicales, devront travailler main dans la main. En attendant, un plan d’aide intitulé « vacances apprenantes » a été mis en place pour permettre aux plus démunis de vivre cet été ces temps éducatifs et citoyens si essentiels. Le secteur de l’économie sociale et solidaire, lui aussi essentiel au développement, du moins, au mieux-être du pays, est durement touché par les effets du Covid-19. D’abord parce que le développement du Covid-19 a immobilisé une partie de ses salariés et bénévoles et donc ralenti considérablement l’activité de certaines associations. Nombreuses sont les activités qui ont en effet subi un coup d’arrêt brutal (soutien aux sans-abris, banque alimentaire, accès à l’hygiène, hébergement d’urgence, accueil et écoute…). Alors même que le nombre de bénéficiaires tend à désormais augmenter de manière significative avec la crise économique post-Covid. Un paradoxe qui a de quoi renforcer la précarité de personnes soutenues jusqu’alors et qui se sont retrouvées du jour au lendemain sans un accompagnement devenu plus que jamais nécessaire. Les associations, touchées de plein fouet, ont vu leurs moyens fondre comme neige au soleil.
Faute de pouvoir s’appuyer sur la générosité du grand public et des donateurs privés, les associations se tournent donc vers les institutions publiques qu’elles tentent de sensibiliser par tous les moyens sur leur situation mais aussi et surtout sur la situation des bénéficiaires qu’ils accompagnent. « Ce dramatique constat illustre l’importance, singulièrement en période de crise économique et sociale, du tissu associatif de proximité, du service public en général, d’emploi, de santé et d’accompagnement social en particulier », explique-t-on au sein du Conseil général de Haute-Garonne où officient quotidiennement plus de 27 000 associations et 265 000 bénévoles pour faire vivre le lien social, la cohésion et la solidarité. Face à l’ampleur de la crise et aux difficultés rencontrées par les associations, le Département a décidé, fin mars, de créer un fonds exceptionnel de soutien au monde associatif, d’un montant de 2 millions d’euros, pour un mois reconductible. La gestion administrative départementale s’est, par ailleurs, vu simplifier avec le paiement en cours de toutes les aides déjà votées, l’instruction accélérée de tous les dossiers de demande de subvention, notamment dans les domaines de la culture et des sports, le report de la limite de dépôt des dossiers de demande de subvention pour l’année 2020 au 30 septembre ou encore la mobilisation de l’ensemble des référents pour accompagner les dirigeants associatifs face aux difficultés qu’ils rencontrent dans cette période…

Les nouvelles frontières de la normalité

C’est un fait : entre l’éternel manque de places d’hébergement et le plus exceptionnel manque de bénévoles pour distribuer les repas, les sans-abris sont plus que jamais en difficulté pendant l’épidémie. Difficile, en période de confinement de quitter la rue quand justement la rue, c’est chez soi. « Ce qui est curieux, c’est que le confinement généralisé rend encore plus visible leur présence dans l’espace public », relève Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), qui regroupe plus de 800 associations de lutte contre l’exclusion. Exposés à l’épidémie de coronavirus, les sans-abris devraient, pourtant, être « considérés comme un public prioritaire en termes de protection. Eux qui souffrent bien souvent de maladies chroniques, de cancers, de VIH ou d’autres addictions… ». Et si leur nombre fait toujours débat, fort heureusement celui-ci n’a pas augmenté durant le confinement puisque la trêve hivernale a été prolongée jusqu’au 31 mai. De quoi éviter que de nouvelles personnes ne se retrouvent à la rue pendant la crise sanitaire. D’autant plus qu’en face, les rangs des bénévoles sont légitimement désertés. Entre les retraités qui devaient rester chez eux car ils ont un profil à risque, ceux qui devaient garder leurs enfants et ceux qui avaient tout simplement peur, les associations n’ont pas tardé à manquer de bénévoles. À Paris, beaucoup de petites associations de quartier, qui assuraient notamment la distribution de repas, ont fermé. Elles commencent à rouvrir leurs portes pour faire face à une crise sanitaire et sociale qui s’inscrit désormais dans une triste « normalité ».

« La solidarité de proximité : le premier des remèdes »

Voilà des mois que les ressources humaines salariées et bénévoles de la Croix-Rouge se mobilisent partout en France pour faire face aux conséquences sanitaires et désormais sociales de l’épidémie de coronavirus. Dans un discours réaliste et mobilisateur, Jean-Christophe Combe – directeur général de la Croix-Rouge française – revient, pour Innov’Asso, sur une situation inédite. L’occasion de rappeler que face aux difficultés sociales, la solidarité est un remède essentiel.

Catastrophes naturelles, épidémies, conflits… La structure que vous dirigez est « une habituée » des situations de crise. En quoi celle que nous vivons avec la COVID-19 est-elle inédite et différente ?

Cette crise est totalement inédite de par son ampleur à l’échelle nationale et internationale. Nous avons dû nous adapter en permanence du fait du manque de visibilité. L’émergence de la crise a été rapide. Comme tous, par exemple, nous avons été confrontés à l’immense défi de s’approvisionner en équipement individuel de protection. Cette crise est également différente dans le sens où nous étions tous à la fois acteurs et concernés. L’investissement de nos 66 000 bénévoles et 17 000 salariés auprès de la population et sur l’ensemble du territoire a été exemplaire. Dès le 15 janvier, alors que le virus semblait loin, nous avons ouvert notre centre opérationnel national pour la coordination de toutes nos actions dans nos structures bénévoles, mais aussi dans nos établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux.

Votre expérience est-elle un plus dans la gestion de cette crise et les réponses apportées ?

La gestion des crises fait partie de notre expertise. Elle est dans notre ADN et la source de l’engagement de nos volontaires. Nous avons donc fait preuve de calme et de réactivité face à une situation qui a pu déstabiliser. Nous avons adapté nos modes de fonctionnement pour répondre à l’urgence, assurer la continuité, et bien sûr renforcer les activités nécessaires : opérations de secours, dispositif d’écoute, livraisons solidaires, maraudes, centres d’hébergement pour sans-abri atteints par la COVID-19, distributions alimentaires, accueil de patients post-réanimation, etc. Des dizaines de milliers de bénévoles, salariés, étudiants de la Croix-Rouge se sont mobilisés pour répondre à l’urgence sanitaire et sociale et accompagner les plus vulnérables, les plus isolés, les plus démunis ou les victimes de l’épidémie. 

En même temps qu’une réponse sanitaire, c’est une réponse sociale qu’il vous a fallu apporter, notamment aux personnes les plus fragiles…

En France, 8 millions de personnes se trouvent en situation de précarité alimentaire. Nous avons dû renforcer notre présence auprès des plus isolés en déployant par exemple notre dispositif « Croix-Rouge chez vous ». Outre les demandes d’écoute, de livraison de courses et de médicaments, il y avait un réel besoin d’accompagnement et d’orientation des personnes en grandes difficultés personnelles. La Croix-Rouge française a aussi débloqué des fonds propres dès le début de la crise en attendant le soutien financier de l’État, notamment pour fournir des denrées supplémentaires à ses unités d’aide alimentaire. Nous avons renforcé tous nos dispositifs, à l’échelle locale, au plus près des besoins, pour éviter un glissement massif vers la pauvreté : maraudes, accueils de jour, permanence pédagogique pour lutter contre l’exclusion scolaire, accompagnement renforcé dans l’accès au logement, à l’eau, à l’hygiène… À la crise sanitaire s’ajoute désormais une crise sociale sans précédent. Le confinement a limité la propagation du virus mais il a de lourdes conséquences économiques. Nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête : celle d’une crise humanitaire majeure.

Est-ce pour anticiper cette crise sociale que la Croix-Rouge a mis en place le dispositif « Croix-Rouge chez vous » ?

L’isolement social touche aujourd’hui 6 millions de personnes en France. La crise a encore aggravé cette situation. Dès le début du confinement, nous avons compris qu’il fallait être présents auprès des personnes vulnérables isolées. Celles qui n’ont personne pour aller faire leurs courses, pour leur acheter des médicaments… Pour ces personnes, le confinement fut une problématique supplémentaire et une source d’inquiétude. L’isolement social n’est pas apparu avec le confinement ou la COVID-19 mais ils en ont été des révélateurs et des accélérateurs. Voilà pourquoi, en 5 jours, nous avons monté le dispositif exceptionnel « Croix-Rouge chez Vous » centré sur un numéro unique, le 09 70 28 30 00, ouvert 7j sur 7 de 8h à 20h. Un numéro pour bénéficier d’une écoute, d’un soutien psychologique et de livraisons solidaires de produits de première nécessité et de médicaments sur ordonnance, assurés par des volontaires partout en France.

Quels sont les résultats de cette initiative ?

Depuis la création de « Croix-Rouge chez Vous », le 20 mars, nous avons reçu plus de 190 000 appels, et près de 65 000 paniers de première nécessité ont été livrés. Ces chiffres témoignent d’un besoin auquel nos équipes répondent. Mais dans le même temps, ils en disent long sur la crise sociale que nous vivons actuellement et nous inquiètent au plus haut point. »

Vous confirmez donc une augmentation des besoins et l’apparition de nouveaux publics touchés par la précarité ?

Absolument ! Aujourd’hui, plus de 9 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté. Les projections de baisse du PIB avec la crise sont très alarmantes. Des centaines de milliers de personnes risquent de basculer dans la précarité. Dans certains territoires, nos équipes maraudes et SAMU sociaux font état d’une hausse de 20 % des personnes sans domicile depuis le début du confinement. Ce constat est extrêmement préoccupant. En plus d’aggraver la condition des personnes en situation de fragilité, cette crise fait émerger de nouvelles précarités et de nouveaux publics victimes : travailleurs indépendants, salariés en CDD, intérimaires, étudiants, jeunes moins qualifiés ou entrant sur le marché du travail, retraités à petite pension, locataires à revenus intermédiaires. Rien que pour l’aide alimentaire, les besoins ont augmenté de 40 à 45 % depuis le confinement.

Qui dit activité en hausse, dit besoin supplémentaire en ressources humaines… Pendant le confinement, la Croix-Rouge a-t-elle souffert du manque de moyens humains ?

Notre priorité a toujours été de protéger au maximum nos salariés et volontaires, mais aussi toutes les personnes que nous accompagnons. Nos bénévoles et salariés ont été exemplaires et pleinement mobilisés pour donner de leur temps, de leurs compétences et de leur expertise. Afin de ne pas être exposé et éviter tout risque de contamination, le personnel à risque a continué à agir de chez lui en faisant par exemple du soutien téléphonique auprès de personnes âgées isolées. Nous avons aussi pu nous appuyer sur les étudiants de nos Instituts de formation aux métiers sanitaires, sociaux et médico-sociaux qui se sont engagés nombreux dans nos actions. Je n’oublie pas, bien entendu, l’élan de solidarité des Français avec près de 8 000 propositions de bénévolat spontané sur notre centre d’appel « Croix-Rouge chez Vous » en quelques semaines : soit une toutes les 5 minutes ! De quoi renforcer nos activités voire en créer à l’image du dispositif d’entraide “Confinés et solidaires” pour favoriser le maintien du lien social tout en respectant les gestes barrières. »

Quel impact la crise sanitaire a-t-elle eu sur vos finances ?

Pour répondre aux besoins exceptionnels nés de cette crise et au regard des besoins à venir, nous avons lancé un appel aux dons. Je remercie les particuliers et les entreprises qui ont immédiatement répondu présents. La crise n’est malheureusement pas terminée. Nous avons encore besoin du soutien de tous pour continuer d’aider les plus fragiles. Dans cette logique, nous avons demandé au Gouvernement de faciliter la générosité des Français en renforçant leur pouvoir de donner. En assurant, par exemple, la défiscalisation des dons à hauteur de 75% cette année et en accordant un crédit d’impôt exceptionnel sur la CSG pour tous les donateurs qui ne seraient pas assujettis à l’impôt sur le revenu. Pour l’heure, nous n’avons pas obtenu gain de cause mais nous continuerons à œuvrer en ce sens avec toutes les autres parties prenantes du secteur caritatif. Par ailleurs, nous avons demandé aux pouvoirs publics, d’intégrer un volet social fort dans le plan de relance et d’y associer les acteurs de la solidarité.

Dans la gestion globale de la crise, le social est venu derrière le sanitaire, avec un temps de retard. L’anticipation a-t-elle manqué ?

La crise actuelle a mis à jour un manque de préparation de notre société pour faire face aux chocs et nous a fait prendre conscience, collectivement, de notre vulnérabilité. Faute de dispositifs de prévention, d’anticipation et de préparation, la crise sanitaire n’a pu être évitée. D’autres chocs suivront. Nous devons renforcer la capacité des populations à être actrices de la réponse. D’autant plus que les inégalités sont un facteur aggravant ces chocs externes. Elles sous-tendent des vulnérabilités qui transforment les menaces en catastrophes.

Quels remèdes selon vous pour endiguer cette crise sociale ?

Le premier des remèdes à une crise sociale reste la solidarité de proximité. Nous devons tout remettre à plat et chacun a un rôle à jouer pour limiter les conséquences sociales de la crise et construire la résilience des plus vulnérables. Citoyens, entreprises, associations, écoles, collectivités locales : tout le monde doit prendre sa part. Parce qu’elles connaissent la réalité du terrain et les besoins sociaux, les associations ont un rôle très important à jouer.

Justement, si nous devions relever un point positif de cette crise, à chaud, ne serait-ce pas l’élan solidaire qu’elle a engendré. Cela peut-il durer ?

Nous l’espérons et nous y croyons. A la Croix-Rouge française, nous travaillons à renforcer notre capacité de rebond individuel et collectif, en donnant à chacun les moyens de se protéger soi-même et de protéger les autres. Cette « résilience » doit être au cœur de nos systèmes de santé et de protection sociale. Elle se définit comme la capacité des personnes exposées à des vulnérabilités, catastrophes ou crises, à faire face, à s’adapter, à se relever et à retrouver une vie digne et autonome. Cela passe par la recherche et l’innovation, pour mieux anticiper les risques ; par l’éducation aux gestes et aux comportements qui sauvent ; par une meilleure coordination entre les acteurs de la santé, du secours et du social ; par un investissement massif dans la prévention. Cette capacité de résilience doit être construite sur une véritable solidarité internationale, nationale, locale et interpersonnelle. Nous sommes interdépendants et responsables les uns des autres. C’est pourquoi nous avons proposé de faire de la journée du 17 mars, date du début du confinement, une « Journée nationale de prévention et de préparation solidaire aux risques » pour former l’ensemble de la population aux gestes qui sauvent, réduire les risques face aux crises qui ne manqueront pas d’arriver et renforcer la solidarité de proximité. »

Urgence d’Etat… Etat d’urgence : la santé avant tout !

Pour répondre à la crise sanitaire provoquée par le coronavirus, l’exécutif a déclaré fin mars un état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du territoire. Une décision loin d’être sans conséquences pendant 16 semaines sur la vie quotidienne des millions de Français…

A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Une maxime que le Gouvernement a rapidement reprise à son compte. Face au caractère inédit mais surtout pandémique de la COVID-19, l’état d’urgence a été déclaré par décret en conseil des ministres le 23 mars dernier pour une durée de deux mois. L’évolution inquiétante de l’épidémie poussera ensuite le Gouvernement et les députés à le prolonger jusqu’au 10 juillet inclus. Mais fin de l’état d’urgence (en France métropolitaine du moins, puisqu’il est maintenu jusqu’au 30 octobre inclus en Guyane et à Mayotte) ne veut pas dire fin de tout risque sanitaire pour autant, bien au contraire. La situation reste préoccupante. Pour preuve, depuis le 11 juillet, un régime transitoire est en vigueur : il autorise le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles jusqu’au 31 octobre pour faire face à l’épidémie de la COVID-19. En substance : prendre des mesures restrictives de droit commun applicables seulement en période d’état d’urgence. Exemples : restriction de la circulation des personnes, réduction de l’accès aux transports en commun, fermeture de certains établissements au public, limitation du droit de se rassembler, instauration de tests de dépistage obligatoires pour certains déplacements (voyages en avion)…

Gare à ceux qui braveraient les interdictions

L’homme au cœur du système d’état d’urgence, n’est pas, comme on pourrait le croire, le président de la République, mais bel et bien le Premier ministre. En effet, avec l’état d’urgence ses pouvoirs sont étendus. Par décret, il lui est possible :

  • de limiter la liberté d’aller et venir, de limiter la liberté d’entreprendre et de se réunir, voire même d’interdire de se déplacer hors du domicile
  • de plafonner les prix de certains produits (gel hydroalcoolique, masques, médicaments…)
  • d’étendre les catégories de personnes habilitées à verbaliser en cas de non-respect des règles
  • de modifier les conditions de mise en quarantaine et d’isolement des personnes atteintes par la COVID-19
  • de réquisitionner « tous biens et services nécessaires afin de lutter contre la catastrophe sanitaire » (taxis et hôtels pour le personnel soignant, matériel médical, masques de protection pour les professionnels de santé ou certaines populations à risque…).

Et attention à celui qui ne « jouerait pas le jeu » des réquisitions. Avec une peine d’emprisonnement allant jusqu’à six mois et une facture salée de 10 000 euros d’amende, la sanction est loin d’être anodine. En période de crise, mieux vaut donc se montrer solidaire…
Quant à ceux qui braveraient les autres interdictions (déplacements, sorties hors du domicile…), ils s’exposent à des contraventions de 4e classe de 135 euros pour la première violation, majorées à 375 euros en cas de non-paiement dans les 45 jours. Des amendes de 5ème classe allant jusqu’à 1 500 euros sont prévues en cas de récidive dans les quinze jours. Et si tout cela ne suffisait pas, si trois nouvelles violations étaient constatées dans un délai de 30 jours, la sanction serait portée à six mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende, sans oublier une peine complémentaire de travail d’intérêt général et la suspension du permis de conduire lorsque l’infraction a été commise à l’aide d’un véhicule.

L’état d’urgence levé mais la maladie encore bien présente

Fort heureusement, durant le printemps 2020, rares ont été les sanctions d’une telle ampleur et l’état d’urgence a été plutôt bien respecté. La mobilisation en nombre des forces de l’ordre sur le terrain n’y est certainement pas étrangère. 100 000 gendarmes, policiers nationaux et municipaux, militaires, gardes-champêtres ont été déployés sur tout le territoire pour minimiser les risques de violation des interdictions. Si aujourd’hui, dans l’Hexagone, l’état d’urgence est levé, un nouvel examen de la situation épidémiologique nationale a récemment incité les pouvoirs publics à maintenir le port du masque obligatoire dans les transports en commun et dans les lieux publics clos. Depuis le 31 juillet, les préfets ont même la possibilité de l’imposer en extérieur.

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