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E-santé : des professionnels (et des patients) à former !

Patients et soignants en sont convaincus : e-santé et qualité des soins sont désormais intimement liées. De quoi souligner tout l’enjeu du développement de la formation à la santé connectée.

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L’objectif pédagogique est clair : accompagner un virage numérique symbolisé par le développement des outils connectés, par l’explosion des données collectées, par la refonte des organisations de soins et par l’évolution de la prise en charge (remboursement de la téléconsultation ou de la téléexpertise par exemple).

La santé connectée, ça s’apprend, même pour les professionnels de santé ! Voici qui peut sonner comme une évidence tant les outils numériques font aujourd’hui partie intégrante de l’offre de soins. Une révolution numérique qui peine malgré tout, pour l’heure, à impacter le secteur de l’enseignement. Pour preuve, la santé connectée n’est pas encore ou presque enseignée en formation initiale au cours des études médicales. Elle ne l’est pas non plus dans les cursus de formation des professionnels paramédicaux.

Pour les futurs médecins, il n’y a rien de spécifique sur la santé connectée. Mais c’est assez logique puisqu’il y a encore deux ou trois ans, la santé connectée n’était pas non plus intégrée dans les pratiques de soin. Aujourd’hui, cette absence de formation est plus problématique au regard de nouveaux enjeux avec des soins connectés désormais remboursés. Je pense notamment à la télésurveillance des patients diabétiques ou insuffisants cardiaque, à la téléconsultation etc. Un professionnel de santé se doit de maîtriser des bases

explique le Dr Boris Hansel, nutritionniste-endocrinologue à l’hôpital Bichat à Paris.

Mais les choses évoluent doucement.

Des initiatives montrent la voie

En 2018, la faculté de médecine Paris Descartes a choisi, d’intégrer un module « e-santé » dans le programme de formation initiale des étudiants en médecine, et ce en e-learning. Une certification professionnelle en santé connectée a aussi été mise en place. Autre initiative : celle portée par la plateforme hospitalo-universitaire Paris Diderot qui propose des émissions sur la santé connectée destinées au grand public. La première émission a été consacrée au « diabète connecté ». Mais comment expliquer qu’il ne s’agisse pour l’instant que d’initiatives isolées et que la France peine encore à inclure pleinement la santé mobile (télémédecine, objets connectés, applications de télésuivi et d’e-coaching) dans son système de formation ? On note divers éléments de réponse : résistances culturelles, manque de données probantes montrant l’efficacité des nouveaux dispositifs, gouvernance numérique éclatée, risques pesant sur la gestion des données patients, flou législatif quant au cadre du développement de la e-santé au sein des établissements de soins et les officines…

La formation : un passage obligé ?

La question du développement des e-compétences est également plus que jamais d’actualité en ce qui concerne la formation professionnelle continue. A la faculté de médecine Paris Diderot, le DU « E-Santé et médecine connectée » est un des trois diplômes universitaires (DU) dédiés à la santé connectée proposés en France.

Le DU se veut très pratique et doit permettre aux stagiaires de concevoir des projets concrets. Les profils des participants sont hétérogènes avec 60 % de stagiaires soignants (médecins, pharmaciens, infirmières, ostéopathes, kinésithérapeutes) et 40% de stagiaires non soignants (ingénieurs, juristes, industriels, assureurs…). A noter que ce DU ne nécessite aucun prérequis. Il est d’ailleurs accessible aux patients et associations représentantes de patients

précise le Dr Boris Hansel, en tant que responsable pédagogique.

Autre formation remarquable, le 1er DIU (diplôme inter-universaire) national de télémédecine validant en France intitulé « Une approche globale de la télémédecine » et mis en place depuis deux ans par l’université de Bordeaux en collaboration avec cinq autres universités. C’est un fait : la formation continue doit aider les professionnels en activité à prendre toute la mesure des outils aujourd’hui à leur disposition pour améliorer la qualité de l’offre de soins, développer leur expertise, optimiser leur organisation, mieux exploiter les millions de données collectées… Et, à en croire les résultats d’un récent sondage réalisé par Qlik auprès de 5 291 professionnels de santé et agents hospitaliers britanniques, français, allemands, espagnols et suédois, les besoins sont criants. Seuls 13% des sondés ont ainsi confiance dans leur capacité « à lire, exploiter et analyser les données ». La formation apparaît alors comme un passage obligé. Enfin presque…

Peut-être pas obligé mais fortement recommandé. A minima, il est nécessaire au moins être sensibilisé via la presse professionnelle par exemple. Mais, il est vrai qu’une formation, c’est toujours mieux en complément notamment pour structurer ou acquérir des compétences. Et si en plus, le professionnel de santé a des appétences pour le sujet, alors il peut développer une réelle expertise bénéfique pour tous, à commencer par le patient

souligne Xavier Schneider, pharmacien connecté à Truchtersheim.

L’homme, qui prône littéralement l’ouverture d’esprit, est à l’origine de plusieurs solutions numériques dans le domaine de la pharmacie. Dernier né : Pharma-et-moi, un programme d’accompagnement global personnalisé avec le pharmacien et l’équipe de soin de proximité.

Des patients loin d’être impatient

Indispensable, fortement recommandée, pleinement justifiée ? Quoi qu’il en soit, la formation – initiale et/ou continue – constitue indéniablement un préalable à l’usage des outils numériques en santé. Exemple avec la téléconsultation qui nécessite de former le professionnel de santé à la manière de se vêtir, de s’asseoir, de parler devant une caméra, de préparer la consultation, de vérifier la bonne compréhension du patient… Une téléconsultation qui impose aussi de former le patient afin qu’il se connecte vers un site ou une application sécurisés, via son ordinateur ou une tablette équipée d’une webcam… Mais, à y regarder de plus près, du côté des patients, l’impatience n’est pas encore vraiment palpable.

La demande d’informations est encore un épiphénomène avec, pour ma part, un patient par semaine environ qui s’intéresse concrètement au sujet des outils connectés. Ceux que j’appelle des adopteurs précoces suivent leur santé à l’aide d’objets connectés et préfèrent passer par la pharmacie pour nous demander des conseils, bénéficier de la garantie « pharmacie » et les aider à interpréter leurs données. L’intérêt pour ces objets va cependant grandissant, un patient est venu dernièrement, envoyé par son cardiologue, pour se procurer un tensiomètre connectée spécifique. En tant que pharmaciens, nous sommes avec le médecin généraliste, les professionnels de santé de première ligne. Nous disposons d’un savoir et d’un savoir-faire réels sur les dispositifs médicaux, c’est pourquoi l’accompagnement des patients vers ces produits est au cœur de nos prérogatives

témoigne Xavier Schneider.

Et le pharmacien de rappeler : « La santé connectée, ce n’est pas connecter des objets au patient mais connecter les patients à leur projet de vie ».

Pour aller plus loin : Diplôme Universitaire : santé connectée Paris 7 (Youtube)

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