Découvrir le dossier du mois

S'informer sur la santé et l'innovation médicale

Les dispositifs médicaux sous surveillance

C’est une fonctionnalité du dossier médical partagé (DMP) qui n’avait jusqu’ici jamais été évoquée. C’est chose faite depuis le 6 mars dernier et un rapport parlementaire qui propose d’utiliser le DMP pour la surveillance des dispositifs médicaux. Pour être plus précis, utiliser le DMP afin « d’assurer une alimentation complète et interactive des registres de matériovigilance sur les dispositifs médicaux ». Ce rapport, tout comme la mission d’information qui en est à l’origine, font suite à la publication, en novembre 2018, d’une enquête journalistique internationale qui dénonçait notamment les failles du marquage CE et de la matériovigilance des dispositifs médicaux implantables. Les parlementaires recommandent la mise à disposition d’un formulaire-type pour les utilisateurs des dispositifs médicaux implantables. Ce document alimenterait les différents registres. Parmi les informations contenues dans le document, on retrouverait : l’identifiant unique du produit, l’organisme notifié l’ayant certifié, le fabricant, le résumé des caractéristiques du produit, la date, le lieu et le praticien de l’opération d’implantation, la synthèse de l’intervention et des 48 heures qui l’ont suivie etc.

Tout l’intérêt de surfer sur la vague de l’intelligence artificielle

Pour mieux évaluer l’enjeu représenté par l’intelligence artificielle pour l’économie et la société française, la Direction générale des entreprises a récemment mené une étude inédite de prospective. Son rapport, intitulé Intelligence artificielle – Etat de l’art et perspectives pour la France, propose un classement et une analyse des 14 secteurs économiques français potentiellement impactés par l’intelligence artificielle, à commencer par la santé, la mobilité, l’énergie, l’environnement, et enfin l’industrie. En ce qui concerne la santé, ce sont notamment les domaines de la médecine préventive ou du diagnostic médical qui ont été analysés, avec pour recommandations : la création de zones d’expérimentation à l’échelle d’un hôpital ou d’un réseau de soins, mais aussi et surtout la nécessité d’accéder à d’importants volumes de données de qualité pour soutenir l’innovation. D’une manière générale, l’étude révèle l’opportunité que constitue pour la France et son développement le recours à l’intelligence artificielle. Pour pleinement exploiter cette ressource, il convient en premier lieu de créer un cadre légal d’expérimentations.

L’intelligence artificielle, pilier du futur système de santé

Les développements technologiques permettent de prendre en soin les patients, soutenir les chercheurs et mieux accompagner les professionnels. Les innovations laissent entrevoir des soins et services de santé hautement efficaces, personnalisés, adaptés aux besoins individuels et davantage accessibles, mais aussi une meilleure organisation des systèmes de santé pour toujours plus d’efficience et de réactivité. Le diagnostic médical sera, à n’en pas douter, l’un des grands bénéficiaires de cette évolution avec d’ores et déjà des systèmes extrêmement performants, dépassant les capacités humaines d’analyse de données. En ce qui concerne la gestion des établissements, celle-ci devrait être considérablement optimisée avec la possibilité d’évaluer précisément les priorités d’attribution de ressources, qu’il s’agisse de lits, du personnel soignant, de traitements, de tests, et d’octrois de congés de soins, en se fondant sur une analyse complète en temps réel des besoins des patients. Mais ces promesses sont au cœur d’enjeux éthiques et juridiques fondamentaux qu’il convient en premier lieu de prendre en compte.

La blockchain est-elle légale ?

C’est un match à enjeu considérable : l’amélioration du système de santé et son efficience à long terme. Rien que cela. Autant dire que la relation, pour ne pas dire l’opposition, entre Blockchain et règlement général européen relatif à la protection des données (RGPD) sur la question de la conformité attire tous les regards. A commencer par ceux de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) qui a récemment évalué la compatibilité entre d’un côté une technologie performante grâce l’inaltérabilité et l’intégrité des données qu’elle offre, et de l’autre, une gestion des données qui respecterait les droits des patients. C’est là que le bât blesse… Car si avec la blockchain, les données inscrites sont réputées inaltérables car difficilement modifiables sans l’accord des membres du réseau avec une inscription irréversible, ce caractère immuable semble être contraire aux principes du droit de rétractation, d’effacement ou de conservation limitée des données. Un droit justement posé par l’article 17 du règlement européen.

Des produits e-santé évalués par des médecins testeurs

On connaissait les modèles animaux ou les patients participant à des essais cliniques. Désormais il faudra aussi compter avec les médecins « bêta-testeurs ». En effet, l’union régionale des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux d’Ile-de-France est à l’origine d’un club un peu particulier : celui de médecins chargés de tester des outils innovants d’e-santé. Ces tests s’inscrivent dans le cadre d’un programme d’accélération mis en place en partenariat avec le fonds Patient autonome de Bpifrance et le pôle de compétitivité Medicen. De quoi « aider à lever les freins à l’utilisation de nouvelles technologies que peuvent ressentir certains médecins » à en croire les trois partenaires. Nul doute que le concours des médecins-testeurs participera à améliorer les produits conçus par les entreprises spécialisées dans la e-santé, mais aussi et surtout à valider leur efficacité et leur pertinence dans une logique de soins ou de suivi de la santé.

Retour vers le futur de la santé

C’est un saut dans le futur auquel le dernier numéro de Sciences et avenir invite les lecteurs. Plus précisément jusqu’en 2030, histoire d’en savoir un peu plus sur les grandes tendances à venir en matière de soins. Dans un peu plus de 10 ans, la France aura ainsi franchi la barre des 70 millions d’habitants. Parmi eux, nombreux sont celles et ceux qui auront cédé aux sirènes des nouvelles technologies. Montre mesurant la pression artérielle, tablette connectée permettant de consulter son médecin à distance… grâce au numérique et aux données de santé collectées, la médecine connaîtra une nouvelle ère. Et les prouesses médicales seront presque quotidiennes. Il s’agira aussi pour le système de soins du futur de répondre aux exigences du « senior-boom » avec un Français sur 4 de 65 ans ou plus selon l’INSEE. Et qui dit vieillissement de la population, dit augmentation des pathologies chroniques et de la dépendance.

Rendez-vous en ligne et consultations à distance

Après avoir, dans un premier temps, collecté 85 millions d’euros, Doctolib vient de finaliser une nouvelle levée de fonds évaluée à 150 millions d’euros. Résultat, ce sont 235 millions d’euros d’investissements qui ont été reçus par la start-up parisienne, spécialisée dans la prise de rendez-vous en ligne chez les professionnels de santé. Doctolib entend s’appuyer sur ce nouveau financement pour développer la téléconsultation. Ce financement au profit de l’entreprise française créée en 2013 a pu être réalisé grâce au soutien du fonds d’investissement américain General Atlantic, de Bpifrance, d’Eurazeo, de Kernel et d’Accel. Avec une spécificité : les fondateurs et les 750 salariés associés de Doctolib détiennent la majorité du capital. Avec son nouveau service testé auprès de 500 médecins, la société française entend fournir à ces derniers une solution de téléconsultation sécurisée leur permettant de transmettre une prescription et d’effectuer la facturation.

Quand la e-santé responsabilise le patient

Voilà une étude qui vient confirmer que les nouvelles technologies ont un impact positif sur la santé des patients. Mais cette fois-ci de manière indirecte. A en croire une enquête menée conjointement par l’Institut Mines-Télécom Business School et le collectif Impatients, Chroniques et Associés (ICA), plus le patient est connecté, plus il s’implique dans le traitement de sa maladie. Rendue publique en février dernier, l’enquête avait été réalisée de février à juillet 2018 auprès de 954 malades chroniques et 59 proches. Se sentant davantage en capacité d’agir face à sa maladie, le patient s’engage pleinement dans la gestion de son traitement. Pour preuve, les personnes malades sont de plus en plus nombreuses à fréquenter réseaux sociaux et autres forums, dès le diagnostic de la maladie. Mais, force est de constater que l’hétérogénéité est de mise au moment d’évaluer les rapports des patients aux nouvelles technologies. C’est pourquoi, pour plus de pertinence, l’étude a interrogé des patients hyperconnectés (quatre à six connexions sur le Web par semaine, une à trois utilisations d’applications mobiles dédiées par semaine, un usage quotidien d’objets connectés), biconnectés (quatre à six utilisations de l’Internet et d’applications mobiles dédiées par semaine) et hypoconnectés (utilisation d’Internet une à trois fois par mois seulement). Les enquêteurs ont ainsi noté que les plus grands consommateurs de technologies n’étaient pas les plus jeunes mais les 50 – 70 ans.

Plus d’Innov’Infos

Accéder à l'innovation médicale

Une station de téléconsultation à Nancy

Depuis le 15 septembre 2018, la téléconsultation est prise en charge par l’Assurance maladie. Rien d’étonnant donc à voir une clinique de téléconsultation (ou clinique de consultation à distance) ouvrir ses portes à Nancy. Pour celles et ceux qui se demanderaient comment se déroulera la consultation, une procédure a été mise en place : à leur arrivée, une infirmière crée le dossier médical du patient (s’il n’existe pas). Le patient est ensuite conduit dans l’une des trois salles de consultation où sont installés un fauteuil et un lit d’examen comme dans un cabinet médical mais aussi un chariot de télémédecine développé par Hopi Médical. Ce dernier comporte un ordinateur avec clavier et écran plat tactile, une caméra haute définition et des accessoires adaptés : caméra portative, échodoppler etc. La station comporte également un lecteur de carte Vitale intégré. Les paramètres du patient (tension, poids, température) sont mesurés par l’infirmière qui appelle un médecin en téléconsultation. L’un des 350 médecins volontaires inscrits peut alors répondre à partir du moment où il dispose du matériel dédié. Parmi ces médecins, 25 % sont des spécialistes.

La Blockchain au service de la recherche et du droit des patients

Il y a un peu plus de six mois, Embleema lançait Embleema Health Network, un consortium autour de la blockchain en santé. Une manière de collecter les données en vie réelle des patients afin qu’ils les partagent avec la recherche clinique et participent à renforcer l’efficacité des médicaments et des dispositifs médicaux. Prisée par le monde de la finance, la technologie blockchain séduit en effet le monde de la santé, qui y voit un bon moyen de sécuriser, tracer et stocker ses données sensibles. Elle pourrait également séduire les patients qui pourraient monétiser leurs données. Comme à l’accoutumée, le patient donnera son consentement pour le recueil de ses données, mais c’est bel et bien la blockchain, intégrée dans les systèmes du centre de lutte contre le cancer (CLCC) francilien Gustave-Roussy, qui lui garantira le respect de son consentement sur l’utilisation et les échanges de ses données anonymisées. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons du partenariat que viennent de nouer la start-up franco-américaine Embleema et le CLCC. Ce mariage de raison assurera le déploiement de la technologie blockchain pour développer de nouveaux standards d’études en vie réelle en oncologie et donne naissance à ce qui s’apparente être un modèle européen d’utilisation des données de soins au service de la recherche en toute transparence et en respectant pleinement les droits du patient.

Géodes, la plateforme data de Santé Publique France

Elle mène durant l’année plusieurs études épidémiologiques en population générale, des enquêtes de comportements et des analyses de bases de données médico-administratives. Autant dire que, dans le cadre de ses missions de veille, d’alerte et de surveillance sanitaire, l’agence Santé Publique France est un organisme producteur de données de santé. Pas étonnant alors que l’Agence ait souhaité disposer de son propre observatoire cartographique dynamique des données de santé en France. Géodes, c’est le nom de la nouvelle plateforme qui rassemble une grande partie des indicateurs santé produits par Santé Publique France. Ces données prennent la forme de cartes dynamiques, de tableaux, de graphiques et de séries temporelles. L’outil est principalement destiné aux institutionnels, aux chercheurs, aux épidémiologistes mais aussi aux journalistes, aux associations et aux étudiants. Cette ouverture à un public élargit répond également à la volonté de transparence, de collaboration et de modernité exprimée par Santé Publique France. Au total, plus de 300 indicateurs concernant 40 thématiques seront accessibles.

La téléexpertise remboursée par l’Assurance Maladie

La téléexpertise permet aujourd’hui à un médecin – appelé le « médecin requérant » – de solliciter un confrère – baptisé le « médecin requis » – pour jouir de l’expertise de ce dernier afin de mieux prendre en soin un patient. En effet, le médecin requis, en raison de sa formation ou de sa compétence particulière, va conseiller le médecin requérant sur la base d’informations ou d’éléments médicaux liés à la prise en charge d’un patient. La communication entre les deux professionnels de santé se fera à distance. En réalité, la nouveauté ne réside pas dans l’évolution technologique sur laquelle s’appuie la téléexpertise mais bien sur son financement. Depuis, le 10 février, la téléexpertise est facturable à l’Assurance maladie par les médecins. Mais, pour le moment, la procédure est limitée à certaines catégories de patients. Elle devrait être généralisée à partir de 2020.

Plus d’Innov’Infos

Comprendre la loi et le droit des patients

Des médicaments sans ordonnance…

Obtenir des médicaments soumis à prescription médicale sans ordonnance : c’est désormais possible et autorisé par la loi. Depuis le 21 mars et un texte de loi adopté par les parlementaires, les pharmaciens peuvent délivrer, sous certaines conditions, des médicaments soumis à prescription médicale obligatoire pour des pathologies bénignes comme des cystites ou certaines angines. Inspirée du système suisse « Net Care », ainsi que d’expériences québécoises et écossaises, cette nouvelle possibilité va favoriser la délivrance aux patients des produits de santé de premier secours pour des situations simples, sur la base de protocoles établis entre les pharmaciens et les médecins. Cette décision pourrait à terme solutionner la problématique rencontrée par de nombreux Français, dans l’impossibilité de consulter un médecin dans un délai raisonnable. A noter que cette décision ne fait pas l’unanimité puisque certains redoutent le développement d’une médecine à deux vitesses et sans suivi…

Données de santé : une formation pour mieux comprendre le RGPD

Encadrer la collecte et la diffusion des données de santé : c’est tout l’objet du règlement général européen relatif à la protection des données personnelles (RGPD) entré en vigueur en mai 2018. Plus qu’une initiative d’ordre éthique, une véritable obligation morale tant ces données sensibles à caractère personnel prennent progressivement une place centrale dans toute l’organisation du système de santé, sans oublier la recherche. Ce constat a incité la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) à développer un cours en ligne gratuit (Mooc) pour aider les professionnels à mieux appréhender le RGPD. Mis en ligne le 11 mars dernier, ce support est notamment destiné aux délégués à la protection des données (DPO). Le Mooc « atelier RGPD » propose quatre modules d’une durée moyenne de cinq heures. Ces modules se répartissent de la façon suivante : notions clés ; principes de protection des données ; responsabilité des acteurs ; le DPO ; les outils de la conformité. Cette formation en ligne centrée sur des vidéos, textes, illustrations de cas concrets ainsi que des quizz et évaluations donne lieu à une attestation de suivi. A noter que le Mooc sera accessible jusqu’en septembre 2021 sur https://atelier-rgpd.cnil.fr/

Plus d’Innov’Infos

Pour favoriser le partage de savoir et d'expérience
Pour favoriser le partage de savoir et d'expérience
Innov'Asso est un dispositif d'accompagnement des associations de patients créé par Roche en 2012. Il vous permet le partage d'expériences entre pairs via un site internet et une rencontre annuelle sous le signe de l'innovation.

Créez votre boite à outils Innov'Asso

Vous êtes un représentant d'association de patients ? Cet espace vous est réservé.

Il donne accès à une boite à outils personnalisée pour vous accompagner dans vos missions et vos projets associatifs. Il vous permet également de suivre les actualités et les événements Innov'Asso. Rejoignez les 150 acteurs associatifs déjà inscrits !

Accédez à votre espace

Mot de passe oublié

5e Journée Innov’Asso

Quand ? Mardi 29 novembre 2016

Où ? À la Maison de la Mutualité à Paris

Quoi ? Une journée de réflexion et d’échange autour de solutions innovantes au service du parcours de santé

Je m'inscris !

*Champs obligatoires

Choisissez l'atelier auquel vous souhaitez participer :

Développer des solutions innovantes pour identifier et/ou répondre aux points de ruptures du parcours de santé des patients ?

Découvrir et apprendre les bonnes pratiques de conception pour des applications santé qui fonctionnent vraiment !

Comprendre les risques et les opportunités du big data pour une association de patients.

X