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La santé connectée reste fragile

Les objets connectés en santé connaissent un développement sans précédent depuis quelques années. Les experts de la e-santé n’hésitent pas à employer le terme de révolution. Et s’il fallait avancer des données statistiques pour convaincre les plus sceptiques, celles du cabinet Berg insight sont pour le moins significatives avec un nombre de patients traités à distance au domicile via des dispositifs médicaux connectés qui devrait atteindre les 50 millions en 2021. Soit un taux de croissance annuel moyen de 47,9% entre 2016 et 2021. Il faut dire que le marché se veut des plus larges avec plusieurs centaines d’applications de bien-être et de médecine dans le monde. Face à cette profusion d’informations accessibles aux patients, l’un des revers de la médaille reste le manque de confidentialité des données collectées. Exemple : au Royaume-Uni, sur les 79 applications certifiées fiables sur le plan médical, il a été montré que 89% d’entre elles transmettaient des données à des services tiers, sans autorisation préalable. La cyber sécurité est l’autre grande préoccupation des fabricants et des utilisateurs.

Consultation à distance : loin des yeux, loin du cœur ?

Depuis le 15 septembre 2018, la téléconsultation médicale est remboursable par l’Assurance Maladie au même titre qu’une consultation classique. Mais cette évolution de la prise en charge a-t-elle suffi à faire voler en éclats la méfiance que suscitait jusqu’ici la consultation à distance chez les Français. C’est ce qu’a voulu savoir Livi en sollicitant Harris Interactive pour mener une enquête auprès de 1018 personnes. L’occasion de se rendre compte que la pratique n’est pas inconnue de la population puisque 96 % des répondants ont déjà entendu parler de la téléconsultation médicale. Et force est de constater qu’ils en ont plutôt une bonne image puisque les mots associés à la téléconsultation sont « pratique », « rapide » et « solution au problème des déserts médicaux ». La pratique est donc vue comme la promesse de fluidifier davantage le système de santé. Toutefois apprécier l’idée ne veut pas dire maitriser le sujet. Pour preuve, près de la moitié des personnes sondées disent ne pas savoir précisément de quoi il s’agit, quand il possible de téléconsulter, où et à quel prix… Si bien que la majorité des Français, s’ils avaient le choix, opteraient pour une consultation physique.

Industriels et investisseurs misent sur la e-santé

La e-santé est une « priorité stratégique ». Du moins pour 64% des 441 décideurs et investisseurs des secteurs des technologies, de la santé et des sciences de la vie qui ont participé à l’étude internationale publiée fin janvier par le cabinet d’avocats Simmons & Simmons. Le numérique en santé est considéré par ces derniers comme un levier essentiel pour consolider l’industrie. A tel point que 63 % des répondants entendent bien augmenter leurs investissements dans l’e-santé d’ici trois ans. Moteur de l’économie et de l’emploi, la e-santé apparait également comme une source de collaborations et de partenariats intersectoriels et transfrontaliers. Le secteur incite à travailler en équipe et à partager les expertises. Même si comme le rappelle l’étude Simmons & Simmons, les structures de collaboration entre différentes entreprises et acteurs du domaine de la santé et des technologies sont de plus en plus complexes. Et s’il fallait identifier les freins au processus de développement, les personnes sondées indiquent notamment les informations caduques concernant les entreprises (22%) et les problèmes de propriété intellectuelle (22%).

Patients et professionnels à l’heure du rendez-vous numérique

Cofondateur de la start-up Tilak Healthcare, Édouard Gasser est aussi à l’origine d’une application pour les patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). L’outil numérique qu’il a conçu permet aux ophtalmologues de contrôler à distance l’évolution de la maladie. Autant dire qu’il est expert des objets connectés et autres applications liées à la médecine. Selon lui, le développement des nouvelles technologies coïncide avec la maturité des professionnels de santé et des patients, enfin prêts à les accueillir et à les exploiter. Ainsi, les médecins accepteraient plus facilement de recourir à des outils qui renforcent leur expertise à condition qu’ils continuent à rester maîtres des données de diagnostic. Tandis que les patients ont pris pour habitude de solliciter les objets connectés pour faciliter leur quotidien et pour assurer le suivi de leur santé.

Premier appel à projets pour le Health Data Hub

Tout juste annoncé, pas encore installé mais d’ores et déjà à l’action : le Health Data Hub ne perd pas de temps. On n’en attendait pas moins de cette plateforme inédite qui doit permettre de faire de la France un leader dans l’utilisation des données de santé. Les premiers pas de ce futur guichet unique et sécurisé ont pris la forme d’un appel à projets visant à sélectionner les initiatives innovantes en matière d’exploitation des données de santé et qui présentent un intérêt public. Le fonctionnement repose sur le partage et la capitalisation des travaux entrepris. Objectif : accompagner des projets au service de la recherche, des patients, des professionnels de santé et du système de santé tout en soutenant les usages innovants de la donnée de santé. La date limite des dépôts de candidatures est fixée au 9 mars.

Quand la e-santé rapproche le public et le privé

Les hôpitaux sont au cœur du développement de la santé numérique. Ils en sont même les acteurs-clés en tant que premiers producteurs de données de santé financés par la solidarité nationale. Résultat : les établissements de santé disposent d’informations essentielles aux acteurs privés engagés dans le développement d’outils s’appuyant sur l’intelligence artificielle. De leur côté, les entreprises privées ont l’expertise et les connaissances en nouvelles technologies nécessaires pour optimiser le fonctionnement des hôpitaux, rendre plus efficiente leur gestion des soins et améliorer la qualité de la prise en charge des patients. Dès lors, comment équilibrer cette relation d’interdépendance entre une entreprise privée qui maîtrise la technologie mais n’a pas de données et une institution publique, qui schématiquement, est dans la situation inverse ?

La probabilité de décès selon Medical Brain

Apple, Facebook, Amazon, Microsoft : les gérants du numérique développent chacun à leur tour des dispositifs s’appuyant sur l’exploitation des données de santé pour optimiser l’offre de soins. Google ne fait pas exception. Après le projet Lyna permettant d’affiner les diagnostics de cancers du sein, la nouvelle intelligence artificielle en santé lancée par le géant américain s’appelle Medical Brain. Elle analyse des centaines de milliers de données chez un patient pour, in fine, estimer la probabilité de son décès. L’algorithme, qui se veut deux fois plus précis que les médecins, prédit non seulement les risques de décès, mais aussi et surtout la durée d’hospitalisation de la personne, ou les risques de ré-hospitalisation dans un futur proche. Dans cette logique de prédiction, Google ambitionne de créer un outil qui pourra indiquer les probabilités de développer une maladie en analysant des symptômes invisibles pour un humain.

Jamais sans mon passeport santé, en France comme à l’étranger

En France, 15 millions de personnes sont atteintes d’une maladie chronique. Près d’un quart de la population qui pourrait à l’avenir profiter des bienfaits de la plateforme récemment développée par Alcatel-Lucent Enterprise et la start-up InnovHealth. Cet espace interactif de communication de l’information médicale permet aux professionnels de santé et aux patients de partager ordonnances, examens, comptes-rendus médicaux… Le dispositif qui s’apparente à un véritable passeport santé numérique fonctionne grâce à la blockchain, assurant ainsi la sécurité des données immédiatement anonymisées. Baptisé PassCare, il devrait également profiter à tous ceux qui voyagent et qui sont donc amenés à être soignés à l’étranger.

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Géodes, la plateforme data de Santé Publique France

Elle mène durant l’année plusieurs études épidémiologiques en population générale, des enquêtes de comportements et des analyses de bases de données médico-administratives. Autant dire que, dans le cadre de ses missions de veille, d’alerte et de surveillance sanitaire, l’agence Santé Publique France est un organisme producteur de données de santé. Pas étonnant alors que l’Agence ait souhaité disposer de son propre observatoire cartographique dynamique des données de santé en France. Géodes, c’est le nom de la nouvelle plateforme qui rassemble une grande partie des indicateurs santé produits par Santé Publique France. Ces données prennent la forme de cartes dynamiques, de tableaux, de graphiques et de séries temporelles. L’outil est principalement destiné aux institutionnels, aux chercheurs, aux épidémiologistes mais aussi aux journalistes, aux associations et aux étudiants. Cette ouverture à un public élargit répond également à la volonté de transparence, de collaboration et de modernité exprimée par Santé Publique France. Au total, plus de 300 indicateurs concernant 40 thématiques seront accessibles.

La téléexpertise remboursée par l’Assurance Maladie

La téléexpertise permet aujourd’hui à un médecin – appelé le « médecin requérant » – de solliciter un confrère – baptisé le « médecin requis » – pour jouir de l’expertise de ce dernier afin de mieux prendre en soin un patient. En effet, le médecin requis, en raison de sa formation ou de sa compétence particulière, va conseiller le médecin requérant sur la base d’informations ou d’éléments médicaux liés à la prise en charge d’un patient. La communication entre les deux professionnels de santé se fera à distance. En réalité, la nouveauté ne réside pas dans l’évolution technologique sur laquelle s’appuie la téléexpertise mais bien sur son financement. Depuis, le 10 février, la téléexpertise est facturable à l’Assurance maladie par les médecins. Mais, pour le moment, la procédure est limitée à certaines catégories de patients. Elle devrait être généralisée à partir de 2020.

La santé au-delà des frontières

Le numérique en santé suppose la mise en place de processus favorisant la coopération transfrontalière. Consciente de cette nécessité, la commission européenne a adopté, le 6 février dernier, une recommandation relative à la création d’un système européen d’échange des dossiers de santé informatisés des patients. L’objectif est de faciliter l’accès aux données électroniques de santé et l’échange de celles-ci dans l’Union européenne. Une manière pour Bruxelles non seulement d’améliorer la prise en soin des Européens mais aussi une solution pour stimuler l’innovation et la recherche. Certains pays européens avaient déjà franchi le pas, même si cela ne concernait que certains éléments des dossiers de santé, tels que les résumés des consultations et les ordonnances en ligne. La Commission européenne a décidé d’aller plus loin et de franchir une nouvelle étape en généralisant le principe des échanges à toute l’Union et en l’élargissant aux analyses de laboratoire, aux rapports de sortie d’hôpital ainsi qu’aux rapports d’imagerie médicale. Toutefois, aucun calendrier n’a été fixé quant au déploiement du projet.

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Comprendre la loi et le droit des patients

La feuille de route pour optimiser le système de santé

Le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé comprend pas moins de 23 articles. Ces derniers se classent en 5 grandes catégories qui correspondent aux grands enjeux formalisés par le gouvernement. Les principaux défis : décloisonner les parcours de formation et les carrières des professionnels de santé ; créer un collectif de soins au service des patients et mieux structurer l’offre de soins dans les territoires. Mais aussi développer l’ambition numérique en santé.

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Pour favoriser le partage de savoir et d'expérience
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5e Journée Innov’Asso

Quand ? Mardi 29 novembre 2016

Où ? À la Maison de la Mutualité à Paris

Quoi ? Une journée de réflexion et d’échange autour de solutions innovantes au service du parcours de santé

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