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S'informer sur la santé et l'innovation médicale

Un apprentissage en continu de la santé

La récente rencontre au siège de l’Organisation mondiale de la santé à Genève entre le Président de la République française, Emmanuel Macron, et le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, constitue une étape-clé vers la naissance de l’Académie de l’OMS. En effet, en signant une déclaration d’intention, les deux hommes ont concrétisé un peu plus ce projet appelé à révolutionner l’enseignement continu tout au long de la vie dans le domaine de la santé. Une révolution dont le numérique sera une nouvelle fois la clé puisqu’une plateforme numérique de pointe, installée sur un campus à Lyon, permettra à l’Académie de dispenser des formations à des millions de personnes par le biais d’antennes dans les six Régions de l’OMS. A Lyon, seront notamment installées des structures d’apprentissage de haute technologie, mais aussi un centre de simulation d’urgences sanitaires de niveau mondial et des espaces de collaboration pour la co-conception, la recherche et l’innovation. Dotée de technologies pédagogiques de pointe, la future Académie accueillera divers acteurs de la santé : dirigeants, enseignants, chercheurs, agents de santé, membres du personnel de l’OMS et grand public.

Oui à la technologie guidée par l’Homme

La technologie ne remplacera visiblement jamais le praticien humain dans le cœur des patients… Du moins pas à court terme. D’après un récente étude réalisée début juin auprès de 1 200 patients suivis à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour diverses maladies chroniques telles que le diabète, des troubles thyroïdiens, la dépression ou encore des pathologies cardiaques. Seuls 22% des patients accepteraient certaines interventions automatisées sans contrôle humain. Derrière ce chiffre, il faut sentir la crainte des patients de voir les machines prendre des décisions moins pertinentes. Ils redoutent aussi de subir le piratage de leurs données numériques de santé. Cette absence de confiance à l’égard des nouvelles technologies automatisées explique que trois quarts des patients refusent que certains diagnostics ou actes de soins soient entièrement réalisés via l’intelligence artificielle et les objets connectés. Pour autant, l’avis ne se veut pas rédhibitoire puisque les technologies sont perçues comme des moyens d’améliorer le suivi et la réactivité des soins. Et les « machines » sont tolérées voire attendues à partir du moment où elles sont contrôlées par un être humain…

Qui a dit que le système de santé allait mal ?

Que pensent les Français du système de santé actuel ? La réponse est à décrypter à la lecture des résultats de la 8ème édition du Baromètre Les Français et la santé. Une enquête dont les résultats étaient particulièrement attendus alors que le projet de loi Ma santé 2022 est actuellement en débat au Sénat. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Français affichent plutôt une large satisfaction quant au système en place. Pour preuve, 81% des Français se déclarent ainsi satisfaits de la qualité des soins, 80% de la sécurité des soins et 75% de la pédagogie du personnel soignant. Et si près de deux tiers des sondés reconnaissent que l’accessibilité aux soins a progressé, la question des soins de proximité et plus particulièrement celle des déserts médicaux, continuent, sans surprise, d’inquiéter les usagers. Autre enseignement: alors que la e-santé semble constituer le cœur du système sanitaire de demain, les objets connectés sont loin d’être plébiscités. 12% seulement des personnes interrogées disent les utiliser régulièrement. Mieux, les acteurs numériques de la santé (Google, Apple etc.) apparaissent illégitimes aux yeux des Français, attachés au médecin, considéré comme l’acteur-clé en matière de prévention ou d’éducation en santé.

Données de santé : entre opportunité sans précédent et risque majeur

Plus que le développement des compétences ou des nouvelles technologies, un autre paramètre apparait comme moteur de la révolution dans le domaine de la santé : l’explosion des données de santé et le développement des systèmes de collecte. Si bien que depuis plusieurs années, le big data modifie le champ de la recherche médicale et du traitement de plus en plus de patients. La place prépondérante prise par les données de santé dans le système de soins a logiquement incité le comité consultatif national d’éthique (CCNE), à publier récemment un avis intitulé « Données massives et santé : une nouvelle approche des enjeux éthiques ». L’occasion de mener une réflexion sur l’exploitation de ces données d’un point de vue médical, scientifique mais aussi dans un cadre commercial. « Le risque éthique principal serait précisément de ne pas utiliser ces données », estime David Gruson, membre du comité de direction de la Chaire santé de Sciences-Po Paris et créateur d’Ethik-IA, un think tank qui élabore des principes éthiques sur l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Ruée de startups vers la téléconsultation

La téléconsultation est, à n’en pas douter, un des symboles de cette e-santé, cœur de la médecine de demain. A elle seule, elle combine tous les atouts du système de santé pensé pour demain. En effet, entre simplicité, rapidité, efficacité, elle donne l’occasion au patient de consulter son médecin, généraliste ou spécialiste, depuis son canapé, sans avoir à se déplacer, sans quitter son domicile, et surtout avec des délais de prise de rendez-vous plus courts que la consultation physique. Certes, le principe n’est pas généralisé à l’ensemble du territoire et est, a contrario, également symbolique des inégalités territoriales en matière de prise en soins. Pour autant, 36 plateformes de téléconsultation sont actuellement recensées en France. D’autres doivent être créées dans les mois à venir. Il faut dire que le remboursement des téléconsultations, effectif depuis le 15 septembre 2018, n’est pas étranger à ce développement. Parallèlement, la prise en charge de certaines téléconsultations par des mutuelles, assurances ou des employeurs est tout aussi porteur. Pour exister dans ce secteur concurrentiel, les plateformes rivalisent d’ingéniosité en enrichissant leur offre : Epiderm.com est le premier site de téléconsultation en dermatologie pour avoir rapidement l’avis et le conseil d’un dermatologue ; Doctoconsult propose des téléconsultations avec des psychiatres, pédopsychiatres, addictologues ; Medadom facilite les visites à domicile en géolocalisant le médecin le plus proche du domicile patient…

Vos données de santé hébergées à Amiens ?

Une capacité d’hébergement évolutive allant de 400 kWh à 800 kWh, des armoires de stockage comprises entre 40 et 80 baies, l’équivalent de 2 000 serveurs installés en un seul et même endroit, 1 200 m² de superficie. Voilà pour la fiche technique du nouveau data center amiénois du groupement d’intérêt public Midi Picardie informatique hospitalière (GIP Mipih). Fort de ses dizaines de pétaoctets de capacité de stockage, il apparait comme l’un des plus grands centres de stockage de données de santé de France. La nouvelle structure est venue remplacer l’ancien data center en service depuis 2010. Si la capacité de stockage du nouvel équipement a été augmentée, une attention a également été portée aux spécificités techniques du bâtiment qui se veut éco-responsable, à haute performance énergétique et hypersécurisé. Hébergeur certifié de données de santé à caractère personnel, le GIP Mipih développe et diffuse, depuis 1994, des logiciels dans le domaine administratif à quelque 600 hôpitaux et une soixantaine de groupements hospitaliers de territoire. A noter que le Mipih dispose d’un second data center situé à Toulouse.

Health tech : la séduction opère…

Et si la health tech ne se limitait pas à la simplification de la gestion administrative des actes médicaux (Doctolib, Lifen, …) ? C’est ce que semblent démontrer les nombreuses activités cliniques s’appuyant sur ce secteur de l’innovation. Aujourd’hui, la health tech française, c’est aussi une précieuse aide au diagnostic, des prescriptions et des suivis médicaux. Autant dire que les applications de la health tech séduisent les investisseurs. Résultat : le nombre de startups spécialisées ne cesse de se développer sur le territoire hexagonal à l’instar de Voluntis, pionnier français depuis 2001. Une chose est sûre : la health tech et ses porteurs de terrain peuvent compter, non seulement sur l’argent des investisseurs mais aussi sur la mobilisation d’incubateurs dédiés tels que Eurasanté, Agoranov, Paris Biotech Santé, Paris & Co (Boucicaut), IPEPS-ICM… Et si en matière de santé et de technologies, l’argent reste le nerf de la guerre, l’investissement minimum pour développer un produit a sensiblement baissé. C’est d’ailleurs peut-être l’une des raisons de cet engouement.

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Le numérique moteur de la démocratie sanitaire

La feuille de route du numérique en santé, présentée le 25 avril dernier par la ministre de la Santé, est appelée à assurer le développement raisonné de l’e-santé sur l’ensemble du territoire. Elle s’articule autour de 26 actions pragmatiques. Un programme sur lequel est revenu le Conseil national du numérique (CNNum) par la voix de Maryne Cotty-Eslous, représentante du groupe d’expertise « santé et numérique » au sein de l’instance nationale. Si d’un point de vue global, les retours se veulent positifs, le CNNum a pointé du doigt deux points susceptibles de remettre en cause le principe de démocratie sanitaire et d’égalité en santé. Le premier concerne l’espace numérique de santé (ENS) mis à disposition de chaque personne dès sa naissance. Par contre, cet espace ne sera pas créé automatiquement pour les autres citoyens, à commencer par ceux qui pourraient en avoir le plus besoin, à savoir les personnes âgées. Autre point d’alerte : le type de données que renfermera cet espace numérique. Il semblerait que la liste inscrite dans la loi soit difficilement modifiable. Résultat : cela pourrait obliger à long terme le praticien à se priver de données (non inscrites dans la liste initiale légalisée) qui pourraient pourtant aider le patient dans le suivi de sa prise en charge ou nourrir la recherche.

L’innovation bénéfique aux médecins, aux patients… et à l’administration

Si les bénéfices du recours à l’intelligence artificielle en soutien de la pratique médicale sont régulièrement avancés, les nouvelles technologies participent aussi à améliorer la gestion administrative des établissements sanitaires, participant ainsi à optimiser le parcours de soins du patient et les tâches administratives. L’édition 2019 du SAS Forum qui se tenait le 4 juin dernier au Palais des Congrès de Paris fut l’occasion, pour l’expert américain du traitement de la donnée et ses partenaires institutionnels – le CHU de Montpellier et l’Institut de cancérologie de Lorraine – de rappeler ces bénéfices multiples. Preuve en est au sein de l’Institut de cancérologie de Lorraine où les méthodes numériques permettent d’analyser 10 000 textes scientifiques en deux ou trois jours seulement, quand il fallait six mois auparavant. Ce gain de temps profite aussi bien au patient qu’au professionnel de santé. De quoi présenter les bonnes données au meilleur moment, pour aider le médecin à hiérarchiser ses consultations en fonction des urgences. Mais l’intelligence artificielle est également très utile pour la gestion des lits au sein de l’établissement lorrain, pour le calcul de tout autre frais annexe à une prise en charge ainsi pour que les dépenses administratives…

Plus que le diagnostic, le dépistage

Des algorithmes d’intelligence artificielle en mesure de diagnostiquer un cancer du poumon, d’identifier des anomalies sur un scanner ou un cliché d’IRM : ce n’est plus un fantasme aujourd’hui mais bel et bien une réalité. Pas de quoi pour autant exclure le praticien du processus puisque d’une part, la machine n’est pas infaillible et d’autre part, il convient d’avoir dans un second temps une analyse humaine pour appréhender le contexte. Autant dire que l’intégration progressive de l’intelligence artificielle en radiologie n’est que le début d’un véritable bouleversement des pratiques, lors duquel l’humain devra garder sa place. Et si le risque d’erreur demeure, l’atout principal des nouvelles technologies est sans conteste la possibilité de détecter des cancers à des stades précoces et surtout de réduire les risques d’en mourir. Cette amélioration sensible du diagnostic pose la question du dépistage et de la mise en place de campagnes nationales de santé publique. Si la France hésite encore, outre-Manche, ce type de démarches porte déjà ses fruits. Lors d’une opération localisée, réalisée à l’aide d’un camion équipé d’un scanner basse dose, sur 1200 personnes reçues, 19 cancers des poumons ont été détectés, dont 15 (80%) à un stade précoce curable.

Miroir, suis-je en bonne santé ?

Il semble tout droit arrivé du futur. Similaire à un écran interactif, le miroir Artemis est équipé de la reconnaissance faciale. Combinez cette création à l’outil TensorFlow Lite, dernière innovation de Google en matière d’intelligence artificielle, et vous obtiendrez la technologie vedette de l’édition 2019 de la conférence annuelle Google I/O qui se tenait en Californie du 7 au 9 mai derniers. Avec le miroir Artemis, les utilisateurs pouvaient déjà choisir la couleur de leurs cheveux grâce à la réalité augmentée, essayer des chapeaux et autres lunettes en visualisant l’aperçu directement sur le miroir, mais aussi accéder à des tutoriels de maquillage. Grace à l’apport de Google et de son TensorFlow, un suivi de la santé pourra être maintenant réalisé. Des « scans » de l’utilisateur permettront, par exemple, de suivre l’évolution d’un grain de beauté ou du rythme cardiaque. TensorFlow apprend en effet des habitudes de l’utilisateur et l’aide chaque jour dans le soin au sens très large du terme. C’est donc en tant que hub santé de la maison que se présente le nouvel Artemis à l’intelligence artificielle augmentée. En d’autres termes : un outil central pour les soins préventifs et le bien-être en passant par l’hygiène – le tout depuis son domicile.

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Comprendre la loi et le droit des patients

Données de santé : quand éthique rime avec fiabilité et sécurité

Nouvelles technologies, intelligence artificielle, données de santé… Autant de termes qui renvoient à la notion de santé numérique. Et qui mettent en exergue les enjeux éthiques inhérents. Des enjeux qui ont incité le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) à formuler 12 recommandations pour mieux encadrer les données fondamentales tant pour la recherche que pour le développement de traitements adaptés. Conscient des bienfaits des mutations technologiques en cours et de l’accumulation de données qu’elles entraînent, le CNNE insiste sur la nécessité de réfléchir à toujours mieux sécuriser ces dernières. Il importe également de mettre en place des outils pour faciliter l’accès à celles-ci pour les destinataires identifiés, tout en contrôlant leur utilisation. Autres points d’attention avancés par le CNNE : le principe de solidarité nationale tout comme la préservation d’une garantie humaine à chaque étape du processus de l’analyse des données. Il s’agit, par cette double attention, d’assurer la fiabilité des données et la prise de décisions efficientes suite à leurs analyses.

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5e Journée Innov’Asso

Quand ? Mardi 29 novembre 2016

Où ? À la Maison de la Mutualité à Paris

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